Fifda: La force de l’image de la diaspora africaine

Posté le 10 septembre 2016 par ccdc dans A la une, Cinéma

Par Sébastien Jédor Publié le 09-09-2016 Modifié le 09-09-2016 à 13:34
media« Image », film réalisé par Adil El Arbi et Bilall Fallah, Belgique, présenté au Festival international des films de la diaspora africaine (Fifda) à Paris.FIFDA

Onze films inédits, neuf pays représentés : le Festival international des films de la diaspora africaine (Fifda) s’ouvre ce 9 septembre au soir à Paris. Le but : enrichir le dialogue des cultures. Entretien avec la co-directrice Diarah N’Daw-Spech.

RFI : C’est la sixième édition de ce Festival international des films de la diaspora africaine. Qu’est-ce qui vous guidait quand vous l’avez fondé avec Reinaldo Barroso-Spech ?

Diarah Ndaw-Spech : C’était notre envie de partager notre vécu et notre réalité. Reinaldo Barroso-Spechqui est mon époux et mon partenaire dans cette aventure est un enseignant pédagogue. Il a beaucoup utilisé les films dans la salle de classe pour aider les élèves à se retrouver dans des films, dans des histoires qu’ils pouvaient reconnaître. Il enseigne les langues. À travers les films, il pouvait inciter les élèves à parler en utilisant la langue cible, à parler de différentes réalités qu’ils reconnaissaient. Il s’est rendu compte de la force de l’image pour passer des messages et pour interpeler les gens.

Il y a peu de films vraiment de la diaspora africaine qui sont disponibles. Quand je parle de la diaspora africaine, je parle d’une façon large. Nous définissons la diaspora africaine au-delà de simplement l’Afrique et les gens qui viennent justement d’Afrique et qui sont ailleurs. On parle aussi de gens qui tracent leurs racines en Afrique depuis 300 ans, 400 ans, des descendants d’esclaves, etc. Donc ça inclut des gens qui viennent de la Caraïbe, d’Amérique latine, des États-Unis, d’Europe aussi. On s’est rendu compte que des films qui traitaient la diaspora africaine n’étaient pas vraiment facilement disponibles ou accessibles.

L’idée, est-ce de changer le regard ?

C’est de montrer une nouvelle vision du monde. De donner la parole aux personnes concernées, en présentant des films qui sont faits – pas uniquement, mais en grande partie – par des gens issus de la diaspora même et qui veulent présenter leur réalité, leur vécu d’une façon d’abord vue de l’interne et d’une façon peut-être plus sophistiquée, plus réaliste et plus réelle, moins sensationnaliste peut-être que ça se fait fréquemment quand on voit des films qui présentent la banlieue, le milieu urbain, etc.

Un des films que vous présentez s’appelle Images ». Il met en scène une jeune journaliste belge qui veut raconter sa banlieue de Molenbeek à Bruxelles, différemment du regard journalistique qu’on impose habituellement. On ne va pas dévoiler si elle y arrive ou si elle n’y arrive pas, mais il est là l’enjeu du regard.

Les deux réalisateurs sont justement issus du Maroc. Leur intérêt était de faire un discours, un commentaire sur cette réalité. Lors de la présentation du film ce vendredi 9 septembre, nous aurons un débat après la projection avec Nabil Moussali, l’acteur principal, qui sera présent et l’intitulé du débat est « Images et banlieues, je t’aime moi non plus ».

C’est un thème qui pourrait s’appliquer aussi à un autre film de votre programmation, un documentaire qui parle de l’écriture. Nos Plumes évoque cette nouvelle vague de jeunes auteurs très ancrés dans la ville, très ancrés dans l’urbain. On peut citer Faïza Guene, Rachid Djaïdani. Là aussi, cette nouvelle écriture est une nouvelle perception du monde.

Absolument. En fait, on arrive à un point où on s’assume en tant que personne qui a une origine différente. Donc des influences culturelles différentes. Et on exprime cette réalité à travers notre littérature ou nos films, de manière à ce que nous puissions exprimer qui nous sommes vraiment. C’est la beauté du Festival : permettre à tout le monde d’être exposé peut-être à cette nouvelle façon de voir la réalité d’après la perspective de personnes qui ont vécu ces réalités.

Le Festival international des films de la diaspora africaine, du 9 au 11 septembre, à Paris, aux cinémas Etoile Lilas et La Clef.www.fifda.org

Un Commentaire le “Fifda: La force de l’image de la diaspora africaine”

  1. Serena

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